N°1 2000/1 – La recherche en science politique et l’Union européenne

PE1

La recherche en science politique et l’Union européenne

2000/1 (n°1)

 

Le manifeste

Participant d’un mouvement général d’ouverture de la science politique française aux thématiques de l’intégration européenne et partant du constat que les contributions universitaires de référence en matière d’analyse politique du processus d’intégration européenne demeuraient jusqu’à ce jour largement dominées par les revues anglo-saxonnes, le projet des membres fondateurs de politique européenne…

 

Patrick Hassenteufel, Yves Surel – Des politiques publiques comme les autres ? Construction de l’objet et outils d’analyse des politiques européennes

Longtemps considérée comme un domaine de recherche distinct nécessitant des concepts particuliers, l’intégration européenne est aujourd’hui un objet en voie de « normalisation ». La mobilisation d’outils et de méthodes traditionnelles doit notamment permettre de retrouver les notions et les hypothèses forgées pour l’analyse des processus politiques, notamment pource qui conoemeles modes de production des politiques publiques. Dansce dernier cadre, l’article se propose d’examiner trois manières différentes de construire l’objet « politiques publiques européennes », afin de lui appliquer les instruments classiques de l’analyse des politiques publiques : la première modalité se fonde sur la distinction entre décision communautaire et mise en oeuvre au niveau national ; la seconde interroge l’Union européenne comme lieu de production des politiques publiques ; la dernière, enfin, vise à reconsidérer les dynamiques d’européanisation de l’action publique.

 

Neil Fligstein – The process of europeanization

The author’s central thesis is that one of the main ways to make sensé of Europeanization is to realize that the more and more that people get to know each other and find themselves in situations where their coopération produce individual and collective benefits, the less and less likely they are to be hostile to each other. Moreover, as European political coopération has increased, it has presentedfirms and ordinary people with the opportunity to expand interaction with each other. This increased social and économie interaction then effects how citizens and firms think ofwho they are and what their interests are. While one of the strengths ofthe EU is its extensiveness, particularly in the economy, it is also socially very thin. It is this lack of awareness and contact between most people and the high level of interdependency of European économie and political life thatform the crux ofthe situation of Europe today.

 

William Genieys, Andy Smith – Idées et intégration européenne : ‘la grande transformation’ du midi viticole.

Si, depuis environ cinq ans, les approches néo-institutionnalistes ont participé pleinement à une régénération des études de l’intégration européenne, elles comportent également une limite qui consiste à réduire les idées en politique a des préférences et h des stratégies orgmisationndles. En proposant une démarche plus œmpréhensize des effets des idées en amont et en aval de l’adoption des législations par le Conseil des ministres, ce texte offre une piste pour mieux saisir le rapport complexe entre œgnition et action qui marque l’institutionnalisation de l’Union européenne. Cette thèse est illustrée par les résultats d’une redxrche sur l’évolution du secteur vitieole du Midi depuis les armées 1960. Impulsé par les politiques commmautaires, dans ce territoire ce secteur a changé radicalement d’une logique de production quantitative à celle qui privilégie les vins de qualité. Toutefois, seul un travail qui problénatise le rôle des idées en action est à même de saisir pleinement les étapes et les effets de cet exemple de ce qui est trop souvent résumé sous l’étiquette commode de « européanisation ».

 

Renaud Dehousse – L’Europe par le droit : plaidoyer pour une approche contextuelle

Une des spécificités de l’intégration européenne tient au fait que la sphère juridique a été le champ d’une dynamique autonome. Orœphérvmene a longemps étéméaamucar les juristes, pour lesquels l’autonanie du droit a valeurd’axiome, n’ontpas su expliquer toute U portée des dxingemoTts qui intervenaient par ka^ du contentieux ccnimuna^ C’est la raison pour laquelle une analyse attentiue des acteurs, de leun intérêts, de leurs ressources et de l’utilisation qu’ils en font est nécessaire pour avoir une vue d’ensemble du phénomène. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, on ne saurait expliquer l’autonomie de la sphère juridique en s’m tenant à une simple approche juridique.

 

Richard Robyn – A methodological approach to the question of national identity in Europe

The construction ofthe European Union (EU) mises fondamental questions about the ability ofpeople to acquire voluntarily newforms of identity with new political institutions. The dilemmafor social scientists is how to address an issue-namely, identity-that is notoriously difficult to pin down. The aim of this paper is to introduce a particularly powerful subjective methodology to social science in Europe that could be especially apt in this endeavor. Q methodology, while having a valued place in fields as disparate as political science, mass communications and health care among others, has never been used to study national identity in the context of the European Union. The paper will présent a brief description ofQas a prélude to a more detailed discussion ofhow it works, interweaving examples from a study of the dominance of national identity in the lives of Trench people. Ftnally, a concluding section will address some implications that this methodology could hâve for thefield.

 

Jean Leca – Sur la gouvernance démocratique : entre théorie et méthode de recherche empirique

Dans son article, l’auteur s’interroge sur la symbiose entre la science politique et la démocratie, c’est-à-dire la démarche scientifique et l’engagement démocratique. A travers une étude, ancrée dans le domame de la pensée politique, sur le contenu de la légitimité d’un régime et les conditions de fonctionnement de la gouvernance démocratique, l’article traite la notion de gouvernance légitime, sujet très controversé dans la discussion entre européanistes. Proposant une différenciation entre le management (performance) et le gouvernement (légitimité démocratique), l’auteur conclut en proposant d’abandonner toute idée d’une Europe unie fonctionnant selon un système de gouvernement représentatif.

 

Ève Fouilleux – L’Europe dans l’internationalisation de la production des normes. Un projet de recherche appliqué à la prise en compte de l’environnement dans les politiques sectorielles

Mon projet de recherche porte sur la place de l’Union européenne dans le processus d’internationalisation de la production des normes et recettes de politiques publiques. L’interface politiques économiques / environnement et la notion de développement durable sont les domaines choisis pour développer cette problématique. Une internationalisation de la production des recettes de politique publique L’analyse…

 

Olivier Costa – Le parlement européen et le local : organisation des hommes et des intérêts

Les travaux de science politique relatifs à l’intégration européenne ont largement contribué à décrire de façon réaliste les rouages du système politico-administratif européen et à rendre compte de la complexité de son fonctionnement. Aujourd’hui, l’étude des institutions, des acteurs et des politiques de l’Union continue de progresser, tandis que la réflexion théorique sur le politique supranational…

 

Lectures critiques

Les nouvelles politiques locales, les dynamiques de l’action publique. Cet ouvrage collectif a pour origine un colloque organisé à Lyon en septembre 1997 dont l’objectif principal était de confronter les recherches menées autour de l’action locale aux analyses des politiques publiques. La scène locale est ici considérée comme « un terrain d’observation privilégié pour comprendre les transformations…