N° 10, 2003/2 – L’Euro : une perspective politique

PE10

L’Euro : une perspective politique

dirigé par Frédéric Depetris, 2003/2 (n°10)

 

Frédéric Depetris – Aspects politiques de l’intégration économique et monétaire

Depuis le premier janvier 1999, onze pays de l’Union européenne sont entrés dans la troisième phase de l’Union Economique et Monétaire selon les dispositions du traité de Maastricht et constituent désormais la « zone euro ». Leur politique monétaire n’est donc plus, depuis cette date, du ressort des autorités nationales mais relève d’une autorité supranationale, la Banque centrale européenne (BCE),…

 

Amy Verdun – La nécessité d’un « gouvernement économique » dans une UEM asymétrique. Les préoccupations françaises sont-elles justifiées ?

Cet article pose la question de savoir si les préoccupations françaises concernant une UEM sans gouvernement économique sont justifiées. En raison de la nature asymétrique de l’UEM, avec une union monétaire pleinement développée et centralisée, même si la gouvernance économique demeure la responsabilité des Etats Membres, certaines questions peuvent ne pas être traitées correctement avec des outils politiques macro-économiques nationaux et individuels. On pourrait avoir un policy mix défaillant entre politiques monétaires et politiques fiscales auxquelles s’ajoutent les défis posés à la coordination des politiques macroéconomiques nationales. Face à ces enjeux, les Français ont avancé des propositions de gouvernement économique. Certains prétendent que les Français n’ont fait cela que dans le but de contrôler la banque Centrale Européenne (BCE) et par voie de conséquence, la politique monétaire. Cependant, les interprétations de ce que la notion de gouvernement économique peut recouvrir sont nombreuses. Le présent article examine pourquoi les Français soutenaient l’idée d’un gouvernement économique et comment ils espéraient lui voir jouer un rôle dans le processus de l’UEM. Il cherche aussi à voir comment l’Eurogroupe, et dans une moindre mesure, le Pacte de Stabilité et de Croissance sont des institutions inspirées par les propositions françaises de gouvernement économique. La dernière partie conclut que les préoccupations françaises sont justifiées : une UEM asymétrique constitue un problème. Il est cependant vraisemblable que le problème sera progressivement traité à travers le processus d’intégration et d’évolution des politiques publiques. La coordination des politiques économiques exige qu’une attention spéciale soit portée aux besoins spécifiques des pays. Il faudra néanmoins du temps pour régler ces questions.

 

Mike Mannin – Advocating EMU: the institutions faultlines of monetary union

Tbe paper commences with an examination ofthe nature of European Intégration during the 1990s and locates Economie and Monetary Union (EMU) within the dynamics of this intégration. Thèse dynamics are both exogenous and endogenous and contain within tbem the potential for intégration and désintégration, a paradox clearly évident in the notion and application ofEMU, that me may observe as a metaphorfor Europe ‘s unique brand of régional co-operation. Cumnt institutional déficits are explored with référence to the accountability and legitimacy ofthe EMU project and the Euro ‘s impact on European intégration in the médium term.

 

Jacques Le Cacheux – L’Euro, tunique de Nessus de l’Europe ?

La création d’une monnaie européenne ne s’est pas accompagnée de progrès substantiels dans la construction d’une souveraineté économique et monétaire de l’union européenne, ha Banque centrale européenne a été conçue comme une agence administrative indépendante des instances politiques, aux pouvoirs étendus, aux objectifs excessivement rigides et aux modes de décision biaises en faveur de la rigueur monétaire. En outre, les règles encadrant les politiques budgétaires nationales dans l’Union sont telles qu ‘elles ne permettent pas, en période de récession, des politiques macroéconomiques actives et favorisent l’inertie de la banque centrale. Enfin, les évolutions externes de l’euro restent plus subies que maîtrisées.

 

Charlotte Bretherton – Opportunité and reluctance : implications of the Euro for the European Union’s role in world politics.

Insofar as the European Union acts effective^ in worldpolitics, the basis ofits influence is économie. This article seeks to assess the extent to which adoption ofthe euro bas enhanced the EU’s external influence and ability to act. It examines the concept of actorness in International Relations and constders the ivays in which actorness is constructed through a combination of présence, capability and opportunity. This last focuses in particular upon the perceptions and expectations of third parties mit h whom the EU interacts. It is concludtd that, in principle, adoption of the euro contributes significantly to the international présence of the EU. Hoivever a number offactors bave combined to inhibit the impact ofthe euro.

 

Varia

 

Dorota Dakowska – Usages et mesusages du concept de gouvernance appliqué à l’élargissement de l’Union Européenne.

Le cadre analytique de l’élargissement de l’Union européenne a connu ces dernières années d’importantes évolutions. Cet article se veut une réflexion critique sur cette évolution et singulièrement sur les apports du concept de gouvernance aux études de l’élargissement. Il s’agit tout d’abord de retracer l’origine et les usages récents de ce concept dans les études de l’tntégration européenne pour s’interroger ensuite sur les écueils de la notion particulière de «gouvernance de l’élargissement» (enlargement govemance) en tant qu’outil explicatif du processus de l’élargissement. Il s’agit enfin de proposer une clarification des usages possibles du concept de gouvernance dans l’analyse des politiques de ITJE à l’égard des pays candidats.

 

Laure Neumayer – L’européanisation indirecte des pays candidats à l’adhésion à l’Union Européenne : le cas des politiques publiques de concurrence en Pologne et en République Tchèque.

L’étude des liens entre la transformation des systèmes politiques des pays d’Europe centrale et leur préparation à l’adhésion à ITJE est un objet marginal des études européennes comme de l’analyse du post-communisme. Cet article propose un cadre théorique permettant d’étudier la pré-adhésion comme une européanisatwn indirecte, en s’interrogeant sur ses mécanismes et son impact sur les systèmes politiques nationaux. Cette approche est ensuite appliquée à une étude comparative de la politique de concurrence en Pologne et en République tchèque de 1990 à 2001. Nous analysons l’institutionnalisation des relations entre IVE et ces pays, et ses effets sur les jeux des acteurs, pour montrer comment de telles études sectorielles peuvent contribuer au débat sur les liens entre post-communisme et préadhésion, en replaçant ces processus dans le cadre général de l’étude du changement politique.

 

Christophe Pajon – L’Europe de la défense et la transformation des identités militaires : quelle européanisation ? Le cas des acteurs militaires britannique, allemand et français.

L’étude des liens entre la transformation des systèmes politiques des pays d’Europe centrale et leur préparation à l’adhésion à ITJE est un objet marginal des études européennes comme de l’analyse du post-communisme. Cet article propose un cadre théorique permettant d’étudier la pré-adhésion comme une européanisatwn indirecte, en s’interrogeant sur ses mécanismes et son impact sur les systèmes politiques nationaux. Cette approche est ensuite appliquée à une étude comparative de la politique de concurrence en Pologne et en République tchèque de 1990 à 2001. Nous analysons l’institutionnalisation des relations entre IVE et ces pays, et ses effets sur les jeux des acteurs, pour montrer comment de telles études sectorielles peuvent contribuer au débat sur les liens entre post-communisme et préadhésion, en replaçant ces processus dans le cadre général de l’étude du changement politique.

 

Recherches en cours

 

Sophie Jacquot – La question de l’égalité dans les politiques européennes à travers l’étude du gender mainstreaming.

La question de l’égalité des droits entre les femmes et les hommes (tout au moins sur le marché du travail) a, depuis plus de trente ans, été un des exemples les plus convaincants d’« intégration positive », et c’est certainement aussi un des domaines les plus développés de la politique sociale européenne. Depuis quelques années, cette perspective traditionnelle de l’égalité des sexes dans la…

 

Lectures critiques

 

Didier Georgakakis – Les métiers de l’Europe politique. Acteurs et professionnalisations de l’Union européenne.

Frédéric Depetris, Helen Drake – Jacques Delors en Europe, histoire et sociologie d’un leadership improbable.

Les métiers de l’Europe politique. Acteurs et professionnalisations de l’Union européenne, Didier CHABANET Cet ouvrage collectif est pour l’essentiel le résultat d’un colloque organisé en janvier 1999 par le Groupe de Sociologie Politique Européenne de l’IEP de Strasbourg. L’ambition scientifique de ce travail, explicitée dans l’introduction, est de poser les jalons d’une sociologie des acteurs…